Trente ans après avoir introduit le stade du miroir, Lacan le désignera comme « la balayette avec laquelle (il est) entré dans la psychanalyse » (S XV, 10 janvier 1968). Le stade du miroir serait donc ce petit balai théorique, employé à nettoyer le sol de la demeure psychanalytique, à partir de 1936, pour s’y faire sa place, puis fortement « relooké » en 1949 pour produire tous ses effets. C’est devenu l’article le plus célèbre, « l’histoire de Lacan », comme lui-même ironise en 1946. Ce n’est pas plus – invitation à ne pas exagérer le caractère fondateur de cette notion – mais pas moins. En fait, avant de « nettoyer les écuries d’Augias », il fallait faire le ménage de ce côté-là, pour mettre à jour la structure en miroir du moi et démonter le « mirage » du « moi autonome ».

Paul-Laurent Assoun, Du stade du miroir à l’imaginaire

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Avant de quitter l’oubliette
Jetez vos yeux sur la cuvette
N’imitez pas ceux qui s’en vont
Laissant leurs souvenirs au fond

Prenez plutôt la balayette
Versez de l’eau avec douceur
Frottez ensuite avec ardeur
Et partez quand la place est nette.

François-Marie Arouet dit Voltaire

Crazy Housework Pin by Laurie eastman

Où as-tu caché
Dans le cul, oui, dans le cul
La balayette ?

Well, À sa place !  ©