mercredi 18 novembre 2009
Tuerie
"A la fin du XIXe siècle, les immigrants s'épuisent dans des usines insalubres et dangereuses. Pour venir en aide à ses parents presque mourants, Lucas, treize ans, n'a d'autre choix que de reprendre la place de son frère Simon, tué par la machine sur laquelle il travaillait. Avec comme échappatoire : la poésie de Walt Whitman. De nos jours, la vie quotidienne est une lutte pour la survie. Quand un enfant se fait exploser en pleine rue, tuant du même coup un passant, Cat, inspectrice de police spécialisée dans la négociation avec les forcenés, pressent qu'une tuerie se prépare." Le Livre des jours, Michael Cunningham
"Mort : rites, tueries, ton salut t' hante..."
Well, Crève la fin
lundi 16 novembre 2009
Perle
"Elle sourit, parle, m'effleure la tempe du bout de ses doigts dodus et affectueux. Dans le soleil laiteux qui se fraie un chemin entre les rideaux, son visage poudré luit comme de la cire. Elle arbore de multiples rangs de perles sur la poitrine, ainsi que des rangées et des rangées de bracelets. Ses cheveux, d'un vieux blond désormais presque blanc, resplendissent, bien coiffés. Un léger peignoir, parsemé de couleurs vives qui s'emballent parmi les nervures dorées, lui descend au-dessous du genou. On dirait le voile d'une odalisque ou le plumage criard d'un oiseau amazonien. Je vous en donnerai du monstre marin, pauvre tante Galla ! Sa réalité corporelle évoque plutôt un gros gâteau, bien digne avec ses arabesques de crème, de chantilly, de cerises et de cédrats confits." Une âme perdue, Giovanni Arpino
"Peu à peu et pore après pore
sa peau perle et sa peur s'évapore..."
Well, Sainte sueur
vendredi 13 novembre 2009
Grognement
"Son esprit vaguait, une fois de plus elle était perdue dans ses pensées, elle pensait, Dieu sait pourquoi, aux conversations interminables dans le dortoir Gallaudet, en langue des signes principalement, mais certains élèves parlaient tout fort en même temps, d'une manière qui était totalement inintelligible pour les entendants, une sorte de grognement chantonnant qui sous-titrait les signes. C'était Talk Talk, le Parler Parler, ce qui arrivait quand les sourds se retrouvaient entre eux, une traduction vocale directe : ils parlaient parlaient, talk talk ils parlaient beaucoup, tout le temps, comme Bridger parlait à présent, mais avec les mains aussi. Index quatre doigts main à la bouche, tapotant, tapotant pour montrer les mots qui sortaient. Quand les sourds se réunissent, c'est talk talk tout le temps. Communication : besoin universel. Information. Accès. S'échapper de la prison du silence. Parler, parler, parler. Talk talk talk." Talk talk, T.C. Boyle
S'il vous plait, écoutez-moi !
"Et parfois déchirant l'infini du ciel
des silences grondent, grognent et grommellent..."
Well, Cri cul l'a
mercredi 11 novembre 2009
Courbe
"Sa chevelure s'étale en boucles sur l'oreiller, sa peau est blanche aux lueurs des éclairs de chaleur qui tremblent au-delà des pacaniers par la fenêtre de la chambre. La nuit est chaude, sans un souffle de vent, et les nuages se dessinent sur le ciel comme des queues de cheval peintes ; une rafale de tonnerre gronde dans le lointain sur le Golfe comme une pomme qui roulerait au fond d'une barrique en bois, et les premières gouttes de pluie résonnent sur l'aérateur de la fenêtre. Elle dort sur le flanc, et les draps viennent mouler une cuisse, la courbe d'une hanche, un sein. Aux lueurs vacillantes des éclairs de chaleur, les taches de son sur son épaule nue ressemblent aux veinules brunes d'un marbre sculpté." Black Cherry Blues, James Lee Burke
"Certes, sa courbe est fourbe
mais son corps n'est qu'orbe..."
Well, Fermes formes
lundi 9 novembre 2009
Gourmets (concours)
"- Mais dites-moi, seigneur, par le salut de
qui vous aimez le mieux, est ce que ce vin n'est pas de Ciudad Real ? —
Fameux gourmet! s'écria l'écuyer du Bocage; il ne vient pas d'ailleurs,
en vérité, et il a quelques années de vieillesse. — Comment donc !
reprit Sancho, croyez-vous que la connaissance de votre vin me passe
par-dessus la tête? Eh bien! sachez, seigneur écuyer , que j'ai un
instinct si grand et si naturel pour connaître les vins, qu'il me
suffit d'en sentir un du nez pour dire son pays, sa naissance, son âge,
son goût, toutes ses circonstances et dépendances. Mais il ne faut
point s'étonner de cela, car j'ai eu dans ma race, du côté de mon père,
les deux plus fameux gourmets qu'en bien des années la Manche ait
connus ; et, pour preuve , il leur arriva ce que je vais vous conter.
Un jour on leur fit goûter le vin d'une cuve, en leur demandant leur
avis sur l'état et les bonnes ou mauvaises qualités de ce vin. L'un le
goûta du bout de la langue, l'autre ne fit que le flairer du bout du
nez.
Le
premier dit que ce vin sentait le fer, et le second qu'il sentait
davantage le cuir de chèvre. Le maître assura que la cuve était propre,
et que son vin n'avait reçu aucun mélange qui pût lui donner l'odeur de
cuir ou de fer. Cependant, les deux fameux gourmets persistèrent dans
leur déclaration. Le temps marcha, le vin se vendit, et quand on
nettoya la cuve, on y trouva une petite clef pendue à une courroie de
maroquin. Maintenant, voyez si celui qui descend d'une telle race peut
donner son avis en semblable matière." L'Ingénieux hidalgo don
Quichotte de la Manche, Miguel de Cervantès
"Rêve et agis, Ô Nez haut !
viens donc humer les doux nards,
les flacons et joyaux,
à faim de ravir des nectars
et de suaves autres cadeaux,
dans les si verts hectares
de nos cybers Région-néo..."
Well, La victuaille en chantant
Alors jouez dès maintenant, et gagnez des lots illico
samedi 7 novembre 2009
Yeux doux
"Ces derniers temps, j'ai cru que je pouvais le faire, j'avais passé deux ans à terre, loin dans l'intérieur, où on entendait même pas son nom. Mais bernique, personne n'échappe à son sort – et sur un ton fataliste, semblable à celui de Requin et du vieux Martin, en employant presque les mêmes mots que le patron de La Buena Ventura, il ajouta : Baladez-vous, courez, payez-vous sa tête et cachez-vous, ça servira à rien, parce qu'en fin de compte vous tomberez dans son piège. C'est ce qui m'arrive. On dirait que la mer, elle veut pas me lâcher ! Je la laisse tomber, elle me poursuit et elle me fait les yeux doux, comme une sale femelle. Vous savez que vous allez y laisser votre peau et vous la détestez, mais elle vous tient, c'est à rien y comprendre. Je finirai par crever sur un foutu bateau de pêche pour qu'elle ait le plaisir de me gonfler le ventre avec son eau dégueulasse – sa voix prit un ton distant et prophétique : Je suis sûr que c'est ce qui va arriver ! De toute façon, ça arrivera. C'est pour ça qu'elle me débecte. Et que des fois, dit-il dans un murmure, elle me fout la trouille." Contrebande, Enrique Serpa
"Dieu ne sait où
nous conduit rond
ces beaux yeux doux..."
Well, D'yeux que pour Hell
jeudi 5 novembre 2009
Pétrin
"- Je n'ai pas demandé à ce qu'on m'aide. Je suis seul et je veux le rester. Je veux qu'on me laisse tranquille.
- Tu es vraiment mal parti.
- Tant mieux. J'aime ça, moi, être dans le pétrin. Ça me plaît.
- Tu n'es pas le seul, dit Shealy. On aime tous ça, nous, les paumés, les épaves. On en arrive tous à prendre du plaisir quand on descend la pente, pour arriver en bas, au fond, là où c'est doux, dans la boue.
Cassidy ne s'était pas retourné. Il faisait toujours face au mur.
- C'est ce que tu m'as dit, l'autre jour. Je ne t'ai pas cru.
- Et maintenant, tu me crois ?"
Cassidy’s Girl, David Goodis
"L'amour : parfois pète-reins, parfois pétrin..."
Well, Au bout l'ange
mardi 3 novembre 2009
Ficelles
"Des gens se font tuer pour que leur sang fasse l'utopie descendre du ciel sur la terre. J'apprends que certains 'magnats' sont dans la coulisse, truquent ce drame et considèrent ces martyrs comme des pantins dont eux savent tenir en main les ficelles. Puis l'on me dit que, sans ficelles, le pantin n'aurait pas bougé. Et l'on croit ainsi l'apologie des ficelles ! Non ; mais la condamnation du pantin." André Gide, Journal
"Il n'y a pas que le Bourgogne qu'est bon à ligoter..."
Well, Faciles ficelles
dimanche 1 novembre 2009
Novembre (Toussaint)
"Ainsi vous avez vu nos campagnes se parer
parfois, au déclin de l'automne, de l'aspect du printemps ; près de
s'éteindre, le soleil jette encore sur elles de bienfaisantes ardeurs :
les coteaux sont riants, les jeunes arbustes ont des pousses nouvelles,
les fils de la Vierge se promènent dans l'air parfumé, et la nature
croit un instant à son éternelle jeunesse. Mais à la première gelée, à
la première bise de novembre, tout cet éclat pâlit et s'efface ; en une
nuit les coteaux et les bois se sont dépouillés de leurs feuilles , les
fils blancs qui glissaient hier sur un ciel gris de perle pendent
humides aux branches décharnées, et vous êtes tout surpris , au réveil,
de voir l'hiver dans ces campagnes où la veille encore semblait
renaître le printemps." Madame de Sommerville, Jules Sandeau
"A Toussaint, Grand-Mère git"
Well, Y'a pas qu' foi !
samedi 31 octobre 2009
Citrouille
"Quand on a faim, une citrouille vaut mieux qu'un carrosse" Thérèse Amiel
"Les culs qu' hurlent bittent assez ! "
Well, I love in



