lundi 26 mai 2008
Instant
"Ils étaient appuyés sur le parapet et
regardaient l'eau. Leurs trois
cannes ressemblaient à trois rais de feu jaune, penchées dans le
soleil. Je marchais sur mon ombre, l'enfonçant de nouveau dans l'ombre
mouchetée des arbres. La route tournait, s'éloignait de l'eau en
montant. Elle franchissait la colline, puis redescendait en lacets,
entraînant l'œil, l'esprit, en avant sous un tunnel de vert
tranquille. Et la tour carrée, au-dessus des arbres, et l'œil rond de
l'horloge,
mais assez loin. Je m'assis sur le bord de la route. L'herbe
multiple me montait aux chevilles. Les ombres sur la route étaient
aussi immobiles que si on les eût dessinés au pochoir avec des crayons
de soleil inclinés. Mais ce n'était qu'un train et, au bout d'un
instant, il s'évanouit derrière les arbres, derrière le prolongement du
son, et je pus entendre ma montre et le train qui s'évanouissait comme
s'il filait à travers un autre mois, un autre été, quelque part,
filant sous la mouette immobile, filant comme toute chose." William
Faulkner, Le bruit et la fureur
"Depuis que je n'attends rien il arrive à chaque instant ce que je n'attendais pas."
Claude Roy, Les
rencontres des jours
"Méfie-toi de l'or
qui doigte"
Well, Instant damné
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