LE SEXE, DESCENDU DES DIEUX
Pour comprendre le statut si particulier du sexe au Japon, le mieux est de demander à Agnès Giard, spécialiste de la question. Il faut d’abord savoir qu’au Japon, le sexe renvoie à une origine divine. « On considère que le monde a été créé par l’union d’un homme et d’une femme». Faire l’amour c’est donc « se rendre l’égal des dieux » dans la société shintoïste. De plus, au plan mythologique, le sexe met en contact avec des forces lumineuses autant que sombres, et « c’est ce côté sombre que l’on apprend à gérer en le visualisant ». C’est sous cet éclairage qu’il faut voir l’absence de tabous dans les représentations sexuelles. Quant au – paradoxal – interdit sur les poils et les organes génitaux, pour Agnès Giard,
« il n’est pas d’origine japonaise, mais il a été mis en place par l’occupation américaine des années 1950 »..

DES ÉMOTIONS DISSIMULÉES
Cela dit, il y a quand même des tabous au Japon : ce sont les émotions. Il convient de ne pas les montrer. Mais qui dit tabou dit transgression, et c’est ce qu’exprime encore la pornographie, poursuit Agnès Giard : « alors qu’en Occident, le mot clé c’est « prends moi », au Japon, c’est « j’ai honte ». L’image la plus transgressive n’est donc pas une pénétration en gros plan, mais un visage féminin exprimant la pudeur offensée.
Le sexe au Japon doit aussi se comprendre dans le cadre d’une société particulièrement hygiéniste. Les Japonais se saluent à distance et se promènent dans la rue avec un masque sur la bouche… Et à côté de ça, que courent-ils acheter dans les sex-shops ?
Des petites culottes féminines usagées !

Antonio Fischetti - Au Japon, l'érotisme à contre-sens

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Personne ne veut d'elle
La geisha a les boules
Cadeau de sa mère

Well, Succès estompé ?   ©
Dissimulacres