La_mona_de_fito_I_took_thios_photo__of_a_rope_of_a_transparent_pipe_with_phitoplancton___Isaac_Santaella"- Sinon toi ça va ?
- Je sors bientôt de réa !
- Ah ! ...Tant mieux alors"
   Well, Haïkus and co

"Le dialogue - chose écrite et parlée - n'appartient pasBalancing_act___Haikulinde spécialement à la scène, il appartient au livre ; et la preuve, c'est que l'on réserve dans les manuels d'histoire littéraire une place au théâtre considéré comme une branche accessoire du langage articulé"   A. Artaud, Le théâtre et son double

"Je puis en tout cas assurer l'amateur éclairé qui hésite encore See_no_evil__speak_no_evil__hear_no_evil___David_Schoenà acquérir un python que je n'ai aucun drame d'"incommunabilité" avec Gros-Câlin. Lorsqu'on est bien ensemble, on n'a aucun besoin de se mentir, de se rassurer. Je dirais même que l'on reconnaît le bonheur au silence. Lorsque la communion est vraie et entière, sans frimes, seul le silence peut l'exprimer. Mais aux personnes qui ne sont pas exigeantes et qui attendent une réponse deDumb_bitch___Ignacio_Feito l'extérieur, avec dialogue par voie vocale, je peux recommander M. Parisi, 20 bis rue des Enfants-Trouvés, au troisème gauche.
J'avais fait appel à son art il y a quatre ans, alors que je n'avais pas encore fait ma  prise de conscience que Gros-Câlin n'était donc pas encore entré dans ma vie. J'étais installé dans mon deux-pièces, avec mes meubles, des objets divers, des présences familières. Le fauteuil, surtout, m'est sympathique, avec son air décontracté, qui fume la pipe, en tweed anglais ; il semblait toujours se reposer après de longs voyages et on
sentait qu'il avait beaucoup de choses à raconter. Moi j'ai Bridge___Foto_Samuraitoujours choisi mes fauteuils parmi les Anglais. Ce sont de grands globbe-trotters. Je m'asseyais sur le lit en face de lui, je prenais une tasse de thé et j'aimais cette présence tranquille, confortable, qui deteste l'agitation. Le lit aussi est bien, il y a de la place pour deux, en serrant un peu.
Les lits m'ont toujours posé des problèmes. S'ils sont étroits, pour une seulle personne, ils vous foutent dehors, en quelque sorte, ils vous coupent vos efforts d'imagination. ça fait I, sans
Strong____Biggi_Und_Melli_G ambages, sans ménagement. "T'es seul, mon vieux, et tu sais bien que tu le resteras." Je préfère donc les lits à deux places, qui s'ouvrent sur l'avenir, mais c'est là que se présente l'autre côté du dilemme. Les dilemmes sont tous des peaux de cochon, soit dit en passant, j'en ai pas connu d'aimables. Car avec un lit pour deux chaque soir, et toute la journée samedi et dimanche, on se sent bouche___bouche1encore plus seul que dans un lit pour un, qui vous donne au moins une excuse d'être seul. La solitude du python à Paris vous apparaît alors dans toute sa mesure et se met à grandir et à grandir. Seul dans un lit pour deux, même avec un python enroulé autour de vous, c'est l'angoisse, malgré toutes les sirènes d'alarme, les police-secours, les voitures desSilence___Karim_Kim_Khamzin pompiers, ambulances et états d'urgence, dehors, qui vous font croire que quelqu'un s'occupe de quelqu'un. Une personne livrée à elle-même sous les toits de Paris, c'est ce qu'on appelle les sévices sociaux. Lorsque cela m'arrivait, je m'habillais, je mettais mon manteau, qui a une présence chaleureuse avec manches, et j'allais me promener dans les rues en cherchant des amoureux dans les portes cochères. C'était avant la Tour Montparnasse.
J
'ai fini quand même par acheter un lit à deux places, à cause Virginity___Oleg_Doude Mlle Dreyfus.
Je n'ai pas eu cette idée tout seul, c'était le gouvernement de la France qui m'a encouragé, en parlant d'animation culturelle. C'était alors le grand mot, ça faisait des centres. Ce sont ces mots "animation culturelle" qui m'ont donné l'idée de faire parler les meubles, les objets et Gros-Câlin lui-même d'une voix humaine.
Bien sûr, il m'arrivait parfois, en rentrant à la maison de m'adreser à haute voix au fauteil, à la cafetière, à ma pipe,
c'est un truc innocent que beaucoup de gens pratiquent, par hygiène mentale. C'est l'interpellation, l'interrogation que l'onLight___Abdul_Khaliq lance à l'océan, à l'univers, ou à une paire de pantoufles, selon les goûts et la nature de chacun, mais ce n'est pas le dialogue. ça répond pas, ça fait le flasque, sans écho, rien. Il n'y a pas de réponse." Romain Gary (Emile Ajar), Gros-Câlin

Rappelle-toi : On reconnaît le bonheur au silence.
Sinon toi ça va ? Allez, dis-moi ;-)