mercredi 7 mars 2007
Dédale
"Une part de moi-même s'adresse à l'autre violacée de trouille,
comme le guide à son client: lever le pied amont, presser le pied aval - allons
en un éclair sans filet sur la glace
dure qui se dévoile! déjeter le torse. Et
je me penche sur une herse de masses disloquées et creusées: des séracs
hésitants fracturaient encore la colline... Nom d'une âme! Ce sont de gros blocs
qui basculent à toute heure dans le vide. Ils obéissent à une contracture du
glacier et s'émiettent
sur une piste. Nous patinerons dans un monde de l'à-pic
et de l'envers: glaces vives, débâcles en suspens. Les glaciers ont leurs
quartiers réservés, leurs zones de craquèlements, de tombes verticales, de
falaises et de venelles. C'est la ville des morts. Le guide secret dit à son
ombre le froussard: «Tu l'as enfin trouvée!» Les gens des tranquilles bateaux de
bois avaient logé là leurs enfers: le dédale des maisons de glace prêtes à
chuter, les dernières maisons poussant les premières dans l'abîme tandis que
s'aiguisent les fissures à l'intérieur." Maurice Chappaz, La haute route
Pour faire jouir les étrangers de la beauté du coup d'oeil, les fellahs avaient allumé toutes leurs torches. Le spectacle était en effet étrange et magnifique ! Les galeries et les salles qui
conduisent à la salle du sarcophage ont des plafonds plats et ne dépassent pas une hauteur de huit ou dix pieds ; mais le sanctuaire où aboutissent ces dédales a de tout autres proportions. Lord Evandale et Rumphius restèrent stupéfiés d'admiration, quoiqu'ils fussent déjà familiarisés avec les splendeurs funèbres de l'art égyptien. Illuminée ainsi, la salle dorée flamboya, et, pour la première fois peut-être, les couleurs de ses peintures éclatèrent dans tout leur jour. Des
rouges, des bleus, des verts, des blancs, d'un éclat neuf, d'une fraîcheur virginale, d'une pureté inouïe, se détachaient de l'espace de vernis d'or qui servait de fond aux figures et aux hiéroglyphes, et saisissaient les yeux avant qu'on eût pu discerner les sujets que composait leur assemblage. Théophile Gauthier, Le roman de la momie
Commentaires
Hello well merci de ta participation.Ce n'est pas une femme ni le terme fauve, désolée mais je te dirai indice supplémrntaire : on ne peut pas l'arrêter...
je trouve le texte et photos magnifiques, ils me font penser à des appels d'airs ou ils donnent parfois le vertige vu d'en haut.J'aime particulièrement la dernière photo pierre, automne, beauté des couleurs..bravo bises Bonne Journée CJM*
Le texte et les photos ne font qu'un, c'est vertigineux. Bravo pour ton choix.
Waouh !
La photo des rochers dans un ciel assombri... Oh ! que j'aimerais en faire une aquarelle ! Elle est sublime, elle vient se poser comme un papillon dans le dédale de mes projets et rêves inaboutis... Icare s'est brûlé les ailes à vouloir trop approcher le soleil, et comme lui, je me brûle les elles à vouloir trop en faire... Digne fils, digne fille. Bises Pénélope
Ce blog est très puissant, différent de tout ce que j'ai pu entrevoir jusqu'à présent. Je le trouve tout simplement sublime!
Bonjour Amba,
Merci beaucoup, ça fait grand plaisir. Bienvenue sur ces pages colorées de mots et d'images.
Nous avons découvert ton blog et tes romans sur les pages de Jade (Merci CJM).
Les éloges commencent à fleurir sur la sensibilité de ton écriture. Enivrant certainement.
J'invite donc les amoureux des mots et de la littérature qui viennent aussi sur ces pages, à découvrir tes textes, et bien sur, tes romans.
A bientôt
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