Le tanka est une très vieille forme poétique et on en retrouve déjà quelques milliers dans le Manyôshû, la plus ancienne anthologie poétique japonaise, compilée vers 760. Durant sa très longue histoire, de nombreuses écoles se sont succédé, les unes traditionalistes et les autres avant-gardistes. Au  début du 20e siècle, le poète Shiki a redonné vie à cette forme moribonde. En 1987, Machi Tawara modernisait cette forme dans son recueil Sarada kinenbi (L’Anniversaire de la salade), contenant des tankas qui avaient la sensibilité, les aspirations et les craintes d’une jeune femme de vingt ans vivant en milieu urbain. La conséquence de ce succès phénoménal, quelque huit millions d’exemplaires vendus en japonais et en traductions, a été la réception des centaines de milliers de tankas de la part de ses lectrices et lecteurs.
La première caractéristique est la forme. Le tanka est traditionnellement constitué de 31 syllabes regroupées en deux parties : un tercet de 5-7-5 syllabes (qui est l’origine du haïku) et un distique de 7-7 syllabes, cette deuxième partie venant comme réponse, ou relance, à la première. Voici un tanka de la célèbre Ono no Komachi (IXe siècle) :

Triste et solitaire
Je suis une herbe flottante
À la racine coupée.

Si un courant m’entraîne
Je crois que je le suivrai.

La deuxième caractéristique du tanka est qu’il obéissait à l’élégance et au raffinement de la Cour impériale; d’une manière concise et délicate, il exprimait les sentiments nobles comme l’Amour, la Vie, la Nature, la Beauté; revenaient inlassablement les arbres, les fleurs, les oiseaux, les insectes, la neige, la lune, les torrents de larmes et les manches trempées de larmes. Aujourd’hui, le tanka est davantage la juxtaposition d’un objet et d’un sentiment du poète. Le distique est généralement l’expression d’un sentiment (ou un commentaire) suscité par un objet concret (ou l’ici/maintenant) mentionné dans le tercet.

Tankas de Philippe Quinta

Pluie et vent d’automne
Dans la cuisine embrumée
L’odeur des brioches
Voix et jeux d’enfants dévalent
Par l’escalier en spirale

Bien évidemment
Rien n’arrêtera les pleurs
De ma vieille mère
Pas même le doux visage
De mon tout dernier enfant

Autour du Haïku et du Tanka
Pour découvrir certaines de nos racines en poésie
André Duhaime

Geisha Iby Melu-Bonilla


Boue pluies et gadoue
Oh déjà quelques gouttes
Quel bel automne

Un merle m'a fait dessus
Le bonheur n'est plus si loin
Well, Prospérité (Tanka Fair)
 
 
Allez, encore un joli tanka, pour l'impératrice, Oncle Well !
 
 
Tant te taquinent
qu'un cul ne vaut pas un con
et puis tant qu' hurlent

- On est là pour le Maître !
- C'est moi ! dit le novice...
Well, Raffinement de la Cour