samedi 7 novembre 2009
Yeux doux
"Ces derniers temps, j'ai cru que je pouvais le faire, j'avais passé deux ans à terre, loin dans l'intérieur, où on entendait même pas son nom. Mais bernique, personne n'échappe à son sort – et sur un ton fataliste, semblable à celui de Requin et du vieux Martin, en employant presque les mêmes mots que le patron de La Buena Ventura, il ajouta : Baladez-vous, courez, payez-vous sa tête et cachez-vous, ça servira à rien, parce qu'en fin de compte vous tomberez dans son piège. C'est ce qui m'arrive. On dirait que la mer, elle veut pas me lâcher ! Je la laisse tomber, elle me poursuit et elle me fait les yeux doux, comme une sale femelle. Vous savez que vous allez y laisser votre peau et vous la détestez, mais elle vous tient, c'est à rien y comprendre. Je finirai par crever sur un foutu bateau de pêche pour qu'elle ait le plaisir de me gonfler le ventre avec son eau dégueulasse – sa voix prit un ton distant et prophétique : Je suis sûr que c'est ce qui va arriver ! De toute façon, ça arrivera. C'est pour ça qu'elle me débecte. Et que des fois, dit-il dans un murmure, elle me fout la trouille." Contrebande, Enrique Serpa
"Dieu ne sait où
nous conduit rond
ces beaux yeux doux..."
Well, D'yeux que pour Hell
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