L’incidence des décès autoérotiques par asphyxie est difficile à estimer dans la mesure où la personne se livre secrètement à une activité sexuelle et que seuls les cas se terminant tragiquement ont tendance à être répertoriés. Très peu de cas concernent des sujets de sexe féminin (de 9 à 42 fois plus d’hommes que de femmes, selon les études). On observe un taux de mortalité par asphyxie sexuelle de 0,14 par million d’habitants en Suède, de 0,3 par million en Australie, de 2 à 4 cas par million aux Etats-Unis. On estime ainsi que l’asphyxie autoérotique serait responsable de 500 à 1 000 morts par an outre-Atlantique.

En France, deux cas de décès autoérotiques ont été relatés en 2003 par des médecins légistes dans le Journal de médecine légale et de droit médical. Le premier cas est celui d’un homme de 33 ans découvert mort dans un appartement fermé de l’intérieur. Allongé sur le ventre dans son lit, il était « vêtu d’une combinaison noire avec motifs rouges, cuissardes rouges, gants rouges ainsi qu’une perruque blonde. Les chevilles étaient entravées par un lien attaché au bas du lit, les poignets maintenus au moyen d’une chaîne munie d’un cadenas dont la clef se trouvait entre deux doigts de sa main gauche. La tête était dans un sac plastique transparent d’où émanait une forte odeur d’éther. La bouche était bâillonnée et remplie d’une boule de tissu semblant être un bas de femme. Le bâillon buccal extérieur, également un bas de femme, était extrêmement serré ».

L’autre observation correspond à une asphyxie autoérotique liée une pendaison chez un homme de 39 ans. Il n’y a aucun désordre ni aucune trace de lutte dans le hangar isolé où il est retrouvé mort, et complètement nu, par la police après que sa femme, inquiète du retard de son mari, ait donné l’alerte. Il est conclu à une « mort accidentelle par asphyxie aiguë au décours d’une pendaison, associée à un acte sexuel solitaire de type masturbatoire ». Seule une revue, intitulée Le Sexe pour les nuls, est retrouvée sur les lieux. Sans commentaire.

Marc Gozlan, Quand l’activité sexuelle solitaire tourne au drame

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Décours, décours,
le mal laidi d'amour ,
dans l’écœur déchéant
de sexe à soi fait d'excitant...

Well - Qui unit dans son lit les aveux blonds, les désaveux gris
Ne m'appelez plus jamais "Fange" (etc...)   ©