L’ensemble de ces particularités traduisent à l’évidence une action de prédation dont sont responsables les hommes de l’époque, ce qui suppose que ces derniers devaient eux-mêmes être adaptés aux conditions climatiques rigoureuses de la région, a fortiori durant cette période froide qui préfigurait le dernier maximum glaciaire (cf. note n° 6). Des ossements du mammouth, ainsi que des fragments végétaux (de saule arctique en particulier) exhumés à proximité au sein du pergélisol, ont fait l’objet de datations au radiocarbone, ayant conduit à des âges voisins de - 45 000 ans, c’est à dire nettement plus anciens que ceux qui jusqu’à présent étaient considérés comme synchrones de l’arrivée des premiers paléolithiques dans ces contrées pour le moins inhospitalières (au maximum de l’ordre de - 30 000 ans à - 35 000 ans comme indiqué plus haut, d’après les rares indices de présence humaine ancienne ayant été préalablement décelés en Arctique). Il convient ainsi d’envisager un bon en arrière de 10 000 à 15 000 ans, dont l’importance n’est pas anodine. Cette période du Pléistocène supérieur est contemporaine d’une occupation du continent eurasiatique, en particulier de sa partie européenne, par l’homme de Néandertal (Homo neanderthalensis). De même, elle correspond à l’arrivée dans ces régions de l’homme anatomiquement moderne (Homo sapiens), en provenance d’Afrique et dont le début de l’expansion en Europe, occidentale tout du moins, serait précisément datée de 45 000 ans (pour ce qui concerne une seconde vague de migration depuis l’Afrique, succédant à une vague antérieure datée de 60 000 ans ou plus ancienne encore selon les résultats de diverses études paléo-génétiques). Il est ainsi possible que nous soyons en présence de l’homme de Néandertal du fait de son implantation ancienne sur le continent, tout autant que de son adaptation au froid pour le moins réussie durant, a minima, les deux dernières glaciations du Pléistocène qu’il a su traverser, ou presque, en Eurasie (le Riss puis le Würm, avant-dernière et dernière périodes glaciaires dans la nomenclature des glaciations pléistocènes alpines d’Europe occidentale), avant de disparaître [5] aux environs de - 30 000 ans ou un peu plus récemment si l’on tient compte des régions tout à fait occidentales d’Europe de l’Ouest qui auraient en quelque sorte joué un rôle de zones refuges (le rocher de Gibraltar en particulier où des niveaux d’occupation moustériens dateraient de 24 000 ans). Mais il peut tout aussi bien s’agir de Sapiens qui, il y a 45 000 ans, venait tout juste d’atteindre l’Europe, bien que nous soyons en droit d’imaginer que celui-ci n’était peut-être pas encore tout à fait en mesure d’affronter les conditions climatiques des contrées les plus septentrionales, d’autant que la période considérée correspond à un interstade situé au cœur de la dernière glaciation [6]. A moins qu’il ne s’agisse d’un Homo sapiens de la première vague, dont on sait que des représentants étaient antérieurement présents et de longue date au Proche-Orient, certains d’entre eux ayant ainsi pu migrer très tôt en direction des zones arctiques ? A moins, et pour finir, que l’on soit en présence du troisième représentant connu des hominidés qui furent en mesure de s’être côtoyés (et pas seulement d’après la paléogénétique...) sur le continent à l’époque, en l’occurrence l’homme de Denisova [7] ?
Recherchespolaires.inist.fr, Les hommes du Paléolithique 

Lee Crum

 Certains scientifiques affirment que l'Homme serait nanti de 86 milliards de neurones,
et que plus de 100 milliards de bactéries cohabiteraient dans sa bouche.
On se demande alors si la vraie migration n'aurait pas déjà commencé par là.
Well, Je retourne dans les intestins   ©

 

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