Le soleil brillait à travers les rondins disjoints, l’herbe de l’année passée était tiède. Vatanen resta près d’une heure allongé dans le foin, songeur, avant de se secouer et de sortir, le lièvre dans les bras.
Derrière l’ancien pré en fleurs murmurait un petit ruisseau. Vatanen posa le lièvre sur la rive, se déshabilla et se baigna dans l’eau fraîche. De petits poissons remontaient le courant en banc serré; ils s’effrayaient du moindre mouvement, mais oubliaient aussitôt leur peur.
Vatanen pensa à sa femme, à Helsinki. Il se sentit mal.
Vatanen n’aimait pas sa femme. Elle était, en un sens, méchante ; elle avait été méchante, égoïste plutôt, tout le temps de leur mariage. Sa femme avait l’habitude d’acheter d’horribles vêtements, laids et peu pratiques, et de ne les porter que peu de temps, car à la longue ils ne lui plaisaient pas non plus.
Sa femme aurait bien aussi échangé Vatanen si elle avait pu le faire aussi facilement qu’elle changeait de vêtements.

Arto Paasilinna, Le lièvre de Vatanen (disparu le 15 octobre 2018)

Nude wood

Belle comme une statue de Rondin
Auguste et parfois austère
De ce bois qui donne le gourdin
Et force l'airain à enfin s'taire

Well, Un Amour de bel âtre   ©