Si l’acte courageux isolé peut exister indépendamment de l’épreuve du découragement, l’éthique du courage, quant à lui, s’édifie très souvent à l’aune du découragement. Et c’est lorsque celui-ci prévaut que l’on fait l’épreuve de la nécessité du courage… Il y a une intelligence (ou une théorie) du courage. Elle fait de l’individu l’agent de sa vie. Et si cette épreuve du découragement est si structurelle à celle du courage, c’est principalement pour trois raisons : la première c’est parce que, comme le souligne Jankélévitch, « le mérite est raison inverse de la perfection en acte », autrement dit on n’est jamais aussi près du courage que lorsqu’on est découragé. La deuxième, c’est parce que le courage est sans victoire. Ce n’est pas le résultat qui énonce la véracité de ce courage. L’acte courageux est sa propre finalité. La troisième, enfin, c’est parce qu’il n’y a pas de capitalisation possible. « Ce qui est fait reste à faire », dit Jankélévitch. Ce n’est pas parce que j’ai fait que je suis dispensé de faire demain. En quoi la pratique démocratique participe-t-elle à nous affranchir du courage ?
Cynthia Fleury

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- Tabouret ?
- Un peu !
Well, Ce qui est fait reste à terre