mardi 24 novembre 2009
Mouche
« Ils allaient, venaient, d’un mur à l’autre, silencieusement, comme les mouches d’automne, quand la chaleur, la lumière et l’été ont passé, volent péniblement, lasses et irritées, aux vitres, traînant leurs ailes molles »
Les Mouches d’automne, Irène Némirovsky
"Mouches chassent grasses chiasses"
Well, E viva Scathophaga !
dimanche 22 novembre 2009
Ceinture
"J'ignore pourquoi ces crétins de chefs d'escadron à la noix croient toujours que, s'ils t'enferment dans une cellule, collent leur gueule puante à ton oreille et beuglent à tue-tête je ne sais quelle insulte sur ta mère, ils tireront de toi toutes les réponses qu'ils veulent. La plupart du temps, ces chefs sans escadron à commander sont de tristes hères. Leur manque de charisme les bloque en milieu de carrière, sans nulle part où aller, que d'une caserne à une autre, d'un commandant à un autre, perpétuels adjoints. Ca se voit rien qu'à leur ceinture, portée lâche et bas, pliant sous le poids de leur bedaine, ou à leur béret, positionné artistement pour cacher une calvitie luisante. Ils s'évertuent à masquer par des velléités de vie nouvelle et de cours de gestion à temps partiel leurs promotions manquées et leurs plans de retraite indigents.
Regardez-moi ce déballage de ferraillerie sur le poitrail de mon tourmenteur au-dessus de la poche gauche de sa chemise réglementaire !" Attentat à la mangue, Mohammed Hanif
"Plus tu la boucles, plus j'ai envie de l'ouvrir..."
Well, Label et la belt
vendredi 20 novembre 2009
Doigté
"Sa chronique achevée, Tom demandait des conseils musicaux : monsieur Henri, que penses-tu de ce doigté ? Monsieur Henri, cet enchaînement, pourquoi je n'y arrive pas ?
Sans M. Henri, mon frère était perdu. C'est pourquoi il s'était mis au solfège. Il devait se dire que, grâce au solfège, il pourrait lire les partitions laissées par le musicien et, ainsi, garder le contact. M. Henri avait toujours était du genre paresseux-qui-travaille. Entre deux parties de boules, deux parties de cartes, deux dégustations de rosé, il avait écrit mine de rien des milliers, oui, des milliers de mélodies que personne n'avait jamais entendues : un trésor !" Et si on dansait ?, Erik Orsenna 
"Majeur et vague ciné"
Well, Entr'acte
mercredi 18 novembre 2009
Tuerie
"A la fin du XIXe siècle, les immigrants s'épuisent dans des usines insalubres et dangereuses. Pour venir en aide à ses parents presque mourants, Lucas, treize ans, n'a d'autre choix que de reprendre la place de son frère Simon, tué par la machine sur laquelle il travaillait. Avec comme échappatoire : la poésie de Walt Whitman. De nos jours, la vie quotidienne est une lutte pour la survie. Quand un enfant se fait exploser en pleine rue, tuant du même coup un passant, Cat, inspectrice de police spécialisée dans la négociation avec les forcenés, pressent qu'une tuerie se prépare." Le Livre des jours, Michael Cunningham
"Mort : rites, tueries, ton salut t' hante..."
Well, Crève la fin
lundi 16 novembre 2009
Perle
"Elle sourit, parle, m'effleure la tempe du bout de ses doigts dodus et affectueux. Dans le soleil laiteux qui se fraie un chemin entre les rideaux, son visage poudré luit comme de la cire. Elle arbore de multiples rangs de perles sur la poitrine, ainsi que des rangées et des rangées de bracelets. Ses cheveux, d'un vieux blond désormais presque blanc, resplendissent, bien coiffés. Un léger peignoir, parsemé de couleurs vives qui s'emballent parmi les nervures dorées, lui descend au-dessous du genou. On dirait le voile d'une odalisque ou le plumage criard d'un oiseau amazonien. Je vous en donnerai du monstre marin, pauvre tante Galla ! Sa réalité corporelle évoque plutôt un gros gâteau, bien digne avec ses arabesques de crème, de chantilly, de cerises et de cédrats confits." Une âme perdue, Giovanni Arpino
"Peu à peu et pore après pore
sa peau perle et sa peur s'évapore..."
Well, Sainte sueur
vendredi 13 novembre 2009
Grognement
"Son esprit vaguait, une fois de plus elle était perdue dans ses pensées, elle pensait, Dieu sait pourquoi, aux conversations interminables dans le dortoir Gallaudet, en langue des signes principalement, mais certains élèves parlaient tout fort en même temps, d'une manière qui était totalement inintelligible pour les entendants, une sorte de grognement chantonnant qui sous-titrait les signes. C'était Talk Talk, le Parler Parler, ce qui arrivait quand les sourds se retrouvaient entre eux, une traduction vocale directe : ils parlaient parlaient, talk talk ils parlaient beaucoup, tout le temps, comme Bridger parlait à présent, mais avec les mains aussi. Index quatre doigts main à la bouche, tapotant, tapotant pour montrer les mots qui sortaient. Quand les sourds se réunissent, c'est talk talk tout le temps. Communication : besoin universel. Information. Accès. S'échapper de la prison du silence. Parler, parler, parler. Talk talk talk." Talk talk, T.C. Boyle
S'il vous plait, écoutez-moi !
"Et parfois déchirant l'infini du ciel
des silences grondent, grognent et grommellent..."
Well, Cri cul l'a
mercredi 11 novembre 2009
Courbe
"Sa chevelure s'étale en boucles sur l'oreiller, sa peau est blanche aux lueurs des éclairs de chaleur qui tremblent au-delà des pacaniers par la fenêtre de la chambre. La nuit est chaude, sans un souffle de vent, et les nuages se dessinent sur le ciel comme des queues de cheval peintes ; une rafale de tonnerre gronde dans le lointain sur le Golfe comme une pomme qui roulerait au fond d'une barrique en bois, et les premières gouttes de pluie résonnent sur l'aérateur de la fenêtre. Elle dort sur le flanc, et les draps viennent mouler une cuisse, la courbe d'une hanche, un sein. Aux lueurs vacillantes des éclairs de chaleur, les taches de son sur son épaule nue ressemblent aux veinules brunes d'un marbre sculpté." Black Cherry Blues, James Lee Burke
"Certes, sa courbe est fourbe
mais son corps n'est qu'orbe..."
Well, Fermes formes
lundi 9 novembre 2009
Gourmets (concours)
"- Mais dites-moi, seigneur, par le salut de
qui vous aimez le mieux, est ce que ce vin n'est pas de Ciudad Real ? —
Fameux gourmet! s'écria l'écuyer du Bocage; il ne vient pas d'ailleurs,
en vérité, et il a quelques années de vieillesse. — Comment donc !
reprit Sancho, croyez-vous que la connaissance de votre vin me passe
par-dessus la tête? Eh bien! sachez, seigneur écuyer , que j'ai un
instinct si grand et si naturel pour connaître les vins, qu'il me
suffit d'en sentir un du nez pour dire son pays, sa naissance, son âge,
son goût, toutes ses circonstances et dépendances. Mais il ne faut
point s'étonner de cela, car j'ai eu dans ma race, du côté de mon père,
les deux plus fameux gourmets qu'en bien des années la Manche ait
connus ; et, pour preuve , il leur arriva ce que je vais vous conter.
Un jour on leur fit goûter le vin d'une cuve, en leur demandant leur
avis sur l'état et les bonnes ou mauvaises qualités de ce vin. L'un le
goûta du bout de la langue, l'autre ne fit que le flairer du bout du
nez.
Le
premier dit que ce vin sentait le fer, et le second qu'il sentait
davantage le cuir de chèvre. Le maître assura que la cuve était propre,
et que son vin n'avait reçu aucun mélange qui pût lui donner l'odeur de
cuir ou de fer. Cependant, les deux fameux gourmets persistèrent dans
leur déclaration. Le temps marcha, le vin se vendit, et quand on
nettoya la cuve, on y trouva une petite clef pendue à une courroie de
maroquin. Maintenant, voyez si celui qui descend d'une telle race peut
donner son avis en semblable matière." L'Ingénieux hidalgo don
Quichotte de la Manche, Miguel de Cervantès
"Rêve et agis, Ô Nez haut !
viens donc humer les doux nards,
les flacons et joyaux,
à faim de ravir des nectars
et de suaves autres cadeaux,
dans les si verts hectares
de nos cybers Région-néo..."
Well, La victuaille en chantant
Alors jouez dès maintenant, et gagnez des lots illico
samedi 7 novembre 2009
Yeux doux
"Ces derniers temps, j'ai cru que je pouvais le faire, j'avais passé deux ans à terre, loin dans l'intérieur, où on entendait même pas son nom. Mais bernique, personne n'échappe à son sort – et sur un ton fataliste, semblable à celui de Requin et du vieux Martin, en employant presque les mêmes mots que le patron de La Buena Ventura, il ajouta : Baladez-vous, courez, payez-vous sa tête et cachez-vous, ça servira à rien, parce qu'en fin de compte vous tomberez dans son piège. C'est ce qui m'arrive. On dirait que la mer, elle veut pas me lâcher ! Je la laisse tomber, elle me poursuit et elle me fait les yeux doux, comme une sale femelle. Vous savez que vous allez y laisser votre peau et vous la détestez, mais elle vous tient, c'est à rien y comprendre. Je finirai par crever sur un foutu bateau de pêche pour qu'elle ait le plaisir de me gonfler le ventre avec son eau dégueulasse – sa voix prit un ton distant et prophétique : Je suis sûr que c'est ce qui va arriver ! De toute façon, ça arrivera. C'est pour ça qu'elle me débecte. Et que des fois, dit-il dans un murmure, elle me fout la trouille." Contrebande, Enrique Serpa
"Dieu ne sait où
nous conduit rond
ces beaux yeux doux..."
Well, D'yeux que pour Hell
jeudi 5 novembre 2009
Pétrin
"- Je n'ai pas demandé à ce qu'on m'aide. Je suis seul et je veux le rester. Je veux qu'on me laisse tranquille.
- Tu es vraiment mal parti.
- Tant mieux. J'aime ça, moi, être dans le pétrin. Ça me plaît.
- Tu n'es pas le seul, dit Shealy. On aime tous ça, nous, les paumés, les épaves. On en arrive tous à prendre du plaisir quand on descend la pente, pour arriver en bas, au fond, là où c'est doux, dans la boue.
Cassidy ne s'était pas retourné. Il faisait toujours face au mur.
- C'est ce que tu m'as dit, l'autre jour. Je ne t'ai pas cru.
- Et maintenant, tu me crois ?"
Cassidy’s Girl, David Goodis
"L'amour : parfois pète-reins, parfois pétrin..."
Well, Au bout l'ange




