mardi 26 mai 2009
Horizon
"Et il n'est rien de plus beau que l'instant qui précède le voyage,
l'instant où l'horizon de demain vient nous rendre visite et nous dire ses promesses."
Milan Kundera, La vie est ailleurs
"Horizon,
quand le jour déploie
en Or raison,
ses jeux de foi..."
Well, Hors raison
De nouveau, l'horizon est (sur)mon chemin.
A bientôt, encore...
dimanche 24 mai 2009
Oracle
"Pourquoi grimperais-tu au sommet des plus hautes collines, puisque
ensuite il te faudrait redescendre, et, une fois redescendu, comment
faire pour ne pas passer ta vie à raconter comment tu t'y es pris pour
monter ? Pourquoi ferais-tu semblant de vivre ? Pourquoi
continuerais-tu ? Ne sais-tu pas déjà tout ce qui t'arrivera ? N'as-tu pas déjà été tout ce que
tu devais être : le digne fils de ton père et de ta mère, le brave petit scout, le bon élève qui aurait pu mieux faire, l'ami d'enfance,
le lointain cousin, le beau militaire, le jeune homme pauvre ? Quelques
efforts, même pas quelques efforts, quelques années encore, et tu seras
le cadre moyen, le cher collègue. Bon mari, bon père, bon citoyen.
Ancien combattant. Un à un, comme la grenouille tu grimperas les petits
barreaux de la réussite sociale.Tu pourras choisir, dans une gamme
étendue et variée, la personnalité qui convient le mieux à tes désirs,
elle sera soigneusement retaillée à tes mesures : seras-tu décoré ?
Cultivé ? Fin gourmet ? Sondeur des reins et des cœurs ? Ami des bêtes
? Consacreras-tu tes heures de loisir à massacrer sur ton piano
désaccordé des sonates qui ne t'ont rien fait ? Ou bien fumeras-tu la
pipe dans un fauteuil à bascule en te répétant que la vie a du bon ?
Non. Tu préfères être la pièce manquante du puzzle. Tu retires du jeu
tes billes et tes épingles. Tu ne mets aucune chance de ton côté, aucun œuf dans nul panier. Tu mets la charrue devant les boeufs, tu jettes
le manche après la cognée, tu vends la peau de l'ours, tu manges ton
blé en herbe, tu bois ton fonds, tu mets la clé sous la porte, tu t'en
vas sans te retourner.
Tu n'écouteras plus les bons conseils. Tu ne demanderas pas de remèdes.
Tu passeras ton chemin, tu regarderas les arbres, l'eau, les pierres,
le ciel, ton visage, les nuages, les plafonds, le vide.
Tu restes près de l'arbre. Tu ne demandes même pas au bruit du vent dans les feuilles de devenir oracle." Georges Perec, Un homme qui dort
"Entre deux vins, l'eau racle..."
Well, Oracle et devins
jeudi 21 mai 2009
Ascension
"Dans ma vie, j'avais connu la souffrance, l'oppression, l'angoisse ; je n'avais jamais connu l'ennui. Je ne voyais aucune objection à l'éternelle, à l'imbécile répétition du même. Bien entendu, je n'avais pas l'illusion de pouvoir en arriver là ; je savais que le malheur est robuste, qu'il est ingénieux et tenace ; mais c'était en tout cas une perspective qui ne m'inspirait pas la moindre inquiétude. Enfant, je pouvais passer des heures à compter les brins de trèfle dans une prairie : jamais, en plusieurs années de recherche, je n'avais trouvé de trèfle à quatre feuilles ; je n'en éprouvais aucune déception, ni aucune amertume ; à vrai dire, j'aurais aussi bien pu compter les brins d'herbe : tous ces brins de trèfle , avec leurs trois feuilles, me paraissaient éternellement identiques, éternellement splendides. Un jour, à l'âge de douze ans, j'étais monté au sommet d'un pylône électrique en haute montagne. 
Pendant toute l'ascension, je n'avais pas regardé à mes pieds. Arrivé en haut, sur la plateforme, il m'avait paru compliqué et dangereux de redescendre. Les chaînes de montagnes s'étendaient à perte de vue, couronnées de neiges éternelles. Il aurait été beaucoup plus simple de rester sur place, ou de sauter. J'avais été retenu, in extrémis, par la pensée de l'écrasement ; mais, sinon, je crois que j'aurais pu jouir éternellement de mon vol." Michel Houellebecq, Plateforme
"Amantes d'âmes honte,
Elles montent tant elles mentent..."
Well, Jeux d'vits de la science fion
Merci à vous toutes et touche d'avoir su patienter (mais moi aussi je ne fais que très passer...)