jeudi 29 mai 2008
En route
"Dur et scintillant, le matin s'abat sur eux comme une claque. Johnson s'est déjà levé pour cueillir des baies et des champignons lorsque l'explorateur se réveille d'un coup : le ciel est sans nuages, deux milans y glissent en lents tournoiements. Il est d'abord étonné et désorienté, puis tout lui revient : c'est aujourd'hui le grand jour! Il se dresse
d'un bond, rassemble ses affaires, frappe son cheval à coups de bâtons, appelle Johnson, secoue ce vieil échassier d'Eboe par les épaules.
- Réveille-toi, Eboe... c'est l'heure de se remettre en route!"
T.C. Boyle, Water music
C'est le moment, en effet, de me remettre en route.
"La route érode les rides
dévide la rate
et déroute le vide..."
Well, En route
Heureux mois de juin...
lundi 26 mai 2008
Instant
"Ils étaient appuyés sur le parapet et
regardaient l'eau. Leurs trois
cannes ressemblaient à trois rais de feu jaune, penchées dans le
soleil. Je marchais sur mon ombre, l'enfonçant de nouveau dans l'ombre
mouchetée des arbres. La route tournait, s'éloignait de l'eau en
montant. Elle franchissait la colline, puis redescendait en lacets,
entraînant l'œil, l'esprit, en avant sous un tunnel de vert
tranquille. Et la tour carrée, au-dessus des arbres, et l'œil rond de
l'horloge,
mais assez loin. Je m'assis sur le bord de la route. L'herbe
multiple me montait aux chevilles. Les ombres sur la route étaient
aussi immobiles que si on les eût dessinés au pochoir avec des crayons
de soleil inclinés. Mais ce n'était qu'un train et, au bout d'un
instant, il s'évanouit derrière les arbres, derrière le prolongement du
son, et je pus entendre ma montre et le train qui s'évanouissait comme
s'il filait à travers un autre mois, un autre été, quelque part,
filant sous la mouette immobile, filant comme toute chose." William
Faulkner, Le bruit et la fureur
"Depuis que je n'attends rien il arrive à chaque instant ce que je n'attendais pas."
Claude Roy, Les
rencontres des jours
"Méfie-toi de l'or
qui doigte"
Well, Instant damné
dimanche 25 mai 2008
Infini
"Oh oui mon chéri
Ta maman sera toujours près de toi
Oh oui mon cœur
Mon bonheur
Oh oui ma douceur
Ta maman sera toujours près de toi
Oh oui mon amour
Ta maman t’emmènera
Voir voler les oiseaux
Oh oui mon chéri
Pour toi ils voleront tout en haut
Oh oui mon doux cœur
Tout en haut que pour toi
Oh oui tout en haut
Mon doux cœur
Tout en haut
Oh oui mon soleil
Ta maman t’emmènera sur le bateau
Oh oui mon chéri
Et c’est toi qui rameras
Oh oui mon amour
C’est plus sûr tu as raison
C’est plus sûr quand c’est toi qui rames
Oh oui comme tu as raison
Une maman ne sait pas ramer
Oh oui mon soleil
Comme tu as raison
Tellement raison
Oh oui mon infini
Ta maman sera près de toi
Les oiseaux seront repartis
Oh oui mon doux cœur
Dormir dans leurs doux nids
Tu poseras ta tête sur mon ventre
Mon beau cœur
Mon ventre si doux
Oh oui mon infini
Tu compteras toutes ces étoiles
Cent milliards de millions
Oh oui mon doux cœur
Cent milliards de millions
Oh oui mon éternel
Ta maman est si près de toi
Comme tu es beau mon enfant
Oh oui comme tu es beau
Tu dors enfin oh oui tu dors
Je vais ranger le bateau
Oh tu dors mon infini
Je vais ranger les oiseaux
Ta maman est si près de toi
Oh oui mon doux amour
Dors mon éternel
Ô Seigneur
Que te dire
Mon enfant est si beau
Ô Seigneur
Que te dire
Mon amour est si fort
Prends ma vie
S’il le faut
Prends mon cœur
Il est bon
J’y ai caché cinq belles pièces d’argent
Je les ai faites briller
Pour que tu te vois en-dedans
Ô Seigneur
Que te dire
Je crois tant en toi
En la vie que tu a su m’apporter
A mon enfant qui dort
Que tu sauras éveiller
Aux autres vies
Que je vais te donner
Ô Seigneur
Que te dire
Que je ne saurais implorer
Oh oui mon chéri
Ta maman sera toujours près de toi
Oh oui mon cœur
Mon bonheur
Mon soleil
Ta maman sera toujours près de toi
Et tu compteras encore nos étoiles
Cent milliards de millions
Oh oui mon enfant
Mon infini
Cent milliards de millions."
Well, Mon infini, Février 2004
J'ai ressorti ce texte en hommage à nos mamans.
C'était le moment...
samedi 24 mai 2008
Vertige
"Le vertige, c'est autre chose que la peur de tomber.

C'est la voix du vide au-dessous de nous qui nous attire et nous envoûte,
le
désir de chute dont nous nous défendons ensuite avec effroi. "
Milan Kundera, L'insoutenable légèreté de l'être
"Avec ses ténébreux orages, ses vertiges suicidaires, ses dévorations d'absolu,
la jeunesse est l'âge le moins fait pour le bonheur. "
Louis Pauwels
"De nos vertes tiges
e
lles étaient trop fanes
Et de leurs vestiges
nous étions profanes..."
Well, Vertigo
jeudi 22 mai 2008
Sadiste
"Je suis dans le train et je médite sur le jugement de cette Anglaise.
Elle a dit : "Vous êtes un sadiste." Elle a dit cela comme on dirait
un droguiste, lampiste, fumiste. Mais si un commissaire de police me
demandait ma profession et que je lui
répondisse que je suis un
sadiste, quelle opinion irait se faire de moi l'autorité ? Alors que
sadique c'est tout comme sadique, ou politique ou catholique.
J'en suis à ce point de mes étonnantes constatations, quand je
m'aperçois qu'une jeune fille sur la banquette d'en face me regarde.
Elle est jolie. Je me lève, m'incline et lui demande la permission
d'éteindre la lumière, ce que je fais sans attendre sa réponse. Puis je
lui serre la main avec vigueur et m'écrie : "Croyez-moi, mademoiselle,
votre tout dévoué." Elle se dérobe un peu à la violence de mes
protestations et c'est pourquoi je lui prends les deux mains et lui
déclare : "Je vous aime." Elle halète
légèrement et du rouge lui monte
aux pommettes. Moi je sens le moment venu de recourir au dernier
argument : à l'aide de l'aiguille qui m'a servi à tricoter la trame de la présente histoire, je m'introduis le long de sa manche et, de la
pointe de mon aiguille, je chatouille la pointe de son sein et c'est
fait, je suis un sadiste et elle m'aime." Luc Dietrich, Le livre des
rêves
"Visqueux mais concupiscent"
Well, En sept mots
mardi 20 mai 2008
Simple
"Vous pouvez vivre avec quelques vêtements ou un repas par jour,
mais ce n'est pas la simplicité.
Soyez donc simple,
ne vivez pas de façon compliquée, contradictoire.
Soyez juste intérieurement."
Jiddu Krishnamurti
"- Jó napot kívánok !
- Hyvää päivää !"
Well, Simple comme bonjour
Index
vendredi 16 mai 2008
Inattendu
"Il n'y a que le grave et l'inattendu qui
peuvent offrir à nos âmes captives une ouverture sur la vie pure, et
c'est ce que le monde, instinctivement, immédiatement, déteste." Christian Bobin, Louise Amour
"La vie est une aventure incertaine dans un paysage diffus aux limites
en perpétuel mouvement, où
les frontières sont toutes artificielles ;
où tout peut s'achever et recommencer à chaque instant, ou prendre fin
subitement, comme par un coup de hache inattendu,
à tout jamais. Où la seule réalité absolue, compacte, indiscutable et
définitive est la mort. Où nous ne sommes qu'un petit éclair entre deux
nuits éternelles [...], où nous n'avons que bien peu de temps."
Arturo Perez-Reverte, Le Tableau du Maître flamand
"Tu n'obtiens jamais assez en te battant, tu obtiens l'inattendu en
étant plus conciliant."
Lawrence G. Lovasik, The Hidden Power of
Kindness
"Soudain l'été.
Et tout s'affole sur ta peau.
Mon souffle.
Ton soufre.
Ta sueur
comme un sirop..."
Well, Soudain l'été
Flâneries impromptues, voir inattendues, tout au bord des étangs du Morvan et de la Haute-Marne,
à fleur de Loire, de Loing, puis sur les dérives exquises de la Meuse...
samedi 3 mai 2008
Poli
"L'art qui ne fait que dorer les surfaces, qui n'exige qu'un poli superficiel
sans essayer d'atteindre le coeur de
la matière n'est que vernis et filigrane.
Mais l'œuvre du génie veut dès le début une taille
rude, parce qu'elle anticipe la fuite du temps et qu'elle a un poli intérieur,
qualité essentielle de sa substance, qui apparaît même quand elle se brise en
morceaux. Sa beauté est sa force. Elle se fend lumineusement et se brise en
cubes et en diamants. Comme le diamant, il lui suffit d'être taillée pour avoir
du poli, et sa surface laisse voir ses splendeurs intérieures". Henry David
Thoreau, Journal
"- Monsieur, vous êtes bien rude
et feriez mieux d'être un peu plus poli !
- Madame, vous êtes trop prude
et feriez bien d'être un pieux plus qu'au lit !"
Well, Trop polie pour être peau nette
jeudi 1 mai 2008
Mai
"Le mai le joli mai en barque sur le Rhin
Des dames regardaient du haut de la montagne
[...]
Le mai joli le joli mai a paré les ruines
De lierre de vigne vierge et de rosiers"
Apollinaire, Alcools
"Embrassez-le, la, les,
Puis offrez du muguet..."
Well : En mai, Felle ceux qui te paient

