mercredi 30 janvier 2008
But
"Vous quittez les philosophades,
vous entrez dans la philosophie quand
vous avez admis que le but de la vie est la vie". Louis Pauwels
"L'existence de la plupart d'entre nous est basée sur l'effort, sur une certaine
forme de volition. Nous ne pouvons concevoir l'action qu'en tant que volonté
tendue vers un
but ; notre vie sociale, économique et notre vie soi-disant
spirituelle sont une suite d'efforts lesquels culminent toujours en un certain
résultat. Et nous pensons que cette application est nécessaire, essentielle.
[...] L'effort n'est-il pas une lutte en vue de changer ce qui "est" en ce qui
n'est pas, ou ce qui devrait être ou devrait devenir ? En d'autres termes, nous
luttons perpétuellement afin de ne pas nous trouver face à face avec ce qui
"est" : nous cherchons à nous en évader ou à le modifier. Mais le vrai contentement est celui de l'homme qui comprend ce qui "est", et lui accorde sa
véritable signification. [...] Dès l'instant que j'accepte ce qui "est", il n'y
a pas de faute. [...] Il nous faut d'abord être libres pour voir que la joie et
le bonheur ne se produisent pas par un effort. Y a-t-il création par exercice de
la volonté, ou au contraire lorsque cesse l'effort ? C'es
t alors que l'on crée,
n'est-ce pas, que l'on écrit, peint ou chante, lorsqu'on est complètement
ouvert, lorsqu'on est intégré. C'est alors qu'il y a de la joie, que l'on
s'exprime ou que l'on façonne un objet. Cet instant de création n'est pas le
produit d'une lutte." Krishanmurti, La première et la dernière liberté
"A houle égale
le roulis gagne"
Well, But et rebuts
dimanche 27 janvier 2008
Traversée
"C'était un long voyage, mais je le fis tout de
suite. Je dédoublai mon être, et pendant que je
restai
s engourdi dans une douce chaleur, perdu
pour tout ce qui m' environnait, je me vis
accomplissant cette longue route où l' aspiration
de l' inconnu me guidait par la main.
La traversée était heureuse et je prenais terre à
Alexandrie ; un petit bateau à vapeur me conduisait
au Kaire ; pendant deux jours seulement j' y
restais, courant vite aux mosquées d' El-Azar et
du Morostan, faisant une rapide visite aux tombeaux
des khalifes et, avec le regret de n' avoir pas eu
le temps d' aller escalader les pyramides, je
m' enfermais dans une petite voiture en bois que
deux
chevaux au galop emportaient à travers le
désert de Suez.
Un bateau à vapeur m' attendait, encombré d' anglais
de la compagnie des Indes ; nous partions
joyeusement au souffle du vent d' ouest qui nous
poussait à travers la mer Rouge et nous faisait
franchir, sans trop de malheurs, le terrible détroit
de Bab-El-Mandeb. à Aden, où j' achetais de
jolis moutons blancs et noirs, nous relâchions pour
renouveler l' eau et le charbon. Nos roues
clapoteuses tournaient de nouveau, battaient de
leurs palmes bruyantes les flots de l' océan indien,
et nous reprenions notre route. On s' arrêtait
d' abord quelques heures à Bombay, défendue par
son énorme citadelle, ensuite à Ceylan, l' île des éléphants et des palmiers
gigantesques ; à Calcutta, on restait plusieurs
jours devant les innombrables bouches du Gange,
père de l' Inde. Puis nous passions parmi les îles
Merghi, dans le détroit de Malaka, nous suivions
les côtes de Comboge où pousse la cannelle ; nous
nous reposions dans le canal de Formose du coup
de vent qui nous
avait assaillis au golfe du
Tong-Kin, et enfin, après avoir doublé le
promontoire de Shan-Tung, nous jetions l' ancre
dans le golfe de Pékin.
C' est là que je débarquais et que je commençais
réellement mon voyage". Maxime Du Camp, Mémoires d'un suicidé
"Il pleut traverse
sur les chemins
de puits.
Certains déserts
fortuits
n'ont d'oasis
plus perverse
que ces jardins
si lisses..."
Well, Etranges vers sable
jeudi 24 janvier 2008
Bruit
"Pas d'aile, pas d'oiseau, pas de vent, mais la nuit,
Rien que le battement
d'une absence de bruit".
Eugène Guillevic, Sphère
Il est terrible - le petit bruit de l'oeuf dur cassé sur un comptoir d'étain -
Il est terrible ce bruit - quand il remue dans la mémoire de l'homme qui a faim".
Jacques Prévert, Paroles - La grasse matinée
"Parfois
certains silences
chutent,
aussi
d'autres bruits
tombent..."
Well, Chut !
Index
mardi 22 janvier 2008
Epine
"Il n'y a qu'un seul remède : notre force. Il n'y a qu'un seul moyen de l'utiliser : la révolte.
Puisqu'on n'a pas entendu notre voix.
Puisqu'on ne nous a jamais répondu quand nous avons gémi.
Puisqu'on s'est détourné de nous quand nous avons montré les plaies de nos mains, de nos pieds et de nos fronts.
Puisque, sans pitié, on apporte de nouveau la couronne d'épines et que déjà, voilà préparés les clous et le marteau". Jean Giono, Refus d'obéissance
"La vie est épine
Sa porte m’est éclose
L’envie nous épique
Et l’important est toujours que l’art ose…"
Well, Epines
dimanche 20 janvier 2008
Réel
"Personne ne peut savoir si le monde est fantastique ou réel,
et non plus s'il existe une différence entre rêver et vivre". Jorge Luis Borges
"Au fond tout se passe comme si l'esprit, dans ses tentatives pour percer les secrets du réel, découvrait que ces secrets ont quelque chose de commun avec lui-même. Le champ de conscience pourrait appartenir au même continuum que le champ quantique. N'oublions pas ce principe essentiel de la théorie quantique : l'acte même d'observation, autrement dit la conscience de l'observateur, intervient dans la définition et, plus profondément encore, dans l'existence de l'objet observé : l'observateur et la chose observée forment un seul et même système". Jean Guitton, Dieu et la science
"Entre Ire et Elles
L'art est alité"
Well, Ire et elles
jeudi 17 janvier 2008
Jeux
"Le jeu, c'est tout ce qu'on fait sans y être obligé"
Mark Twain
"Les enfants. Qui aurait pu croire qu'ils finiraient un jour par
appartenir au passé, constituer un chapitre clos ? Pendant vingt ans,
ils avaient été de tous les instants, pas seulement à titre de
compagnons ou de dépendants, mais parce qu'ils étaient la justification
même de sa vie, son environnement presque exclusif, leurs exigences
innocentes remplissaient toutes les pièces que leurs cris étaient
susceptibles d'atteindre, et leur tapage accélérait le cours des
journées au point qu'elle ne voyait pas le temps passer, c'est du moins
l'impression qu'elle en a avec le recul, à travers tous les voiles du
changement et des abandons qui jalonnent la croissance, qui supposent
qu'on délaisse une catégorie de jouets pour une autre, qu'on se
débarrasse des défauts
d'élocution et des fautes de grammaire, qu'on
désapprenne leurs mots délicieux ; leurs gains étaient devenus ses
pertes, leur respiration la sienne quand elle se penchait au-dessus des
lits où chaque petite tête reposait, tiède et moite sous ses doigts
dans les moments fiévreux de leur vie encore fragile, mais le plus
souvent nimbée de la beauté surnaturelle des enfants endormis, membres
abandonnés coulant leur pâleur au milieu des couvertures chahutées ;
leurs peurs étaient devenues les siennes, leurs colères autant de
tâches sur son cœur, à mesure qu'elle faisait sien leurs gains et
leurs pertes, qu'ils
grandissaient, centimètre par centimètre, et
faisaient l'apprentissage du langage, des comportements sociaux, de
l'école, acquérant chacun avec le temps une personnalité de mieux en
mieux définie et circonscrite [...]
Hope avait de la peine, une peine qui semblait plonger aux racines même
de l'existence, quand au matin, elle trouvait dans la chambre des
preuves, poupées éparpillées, maison de poupée en désordre, livres
d'images ouvert, que l'enfant avait tenté de se distraire au plus noir
de la nuit, pendant que ses frères et ses parents dormaient, bien au
chaud à l'abri de leurs rêves [...] ; l'odeur du linoléum, les jours de
pluie, dans l'escalier bruyant de la maternelle non-confessionnelle de
Park Avenue ; le ramassage sans fin de cubes, de pièces de Lego, de
petites voitures en plastique cassées et de poupées Barbie déshabillées
; les repas de petit pois, de bâtonnets de poisson et de sandwichs
coupés en morceaux de la taille de dominos sur des assiettes en
plastique imprimées avec des canards, des taupes, des hérissons ou des
lapins aux contours flous, vêtus de manteaux bleus à gros boutons."
John Updike, Tu chercheras mon visage
"Moi : hyène à jeux.
Prends ça et viens surmoi..."
Well, Je inconscients
lundi 14 janvier 2008
Fers
"Vous savez, l'inventeur des menottes, des fers et des chaînes ne se serait
jamais douté de l'utilisation que
ces conceptions d'un âge plus rude et plus
simple que le nôtre auraient un jour dans le monde moderne! Si j'étais à la
place des promoteurs immobiliers et des responsables de l'aménagement du
territoire en banlieue, j'en prévoirais au minimum une paire au mur de chaque
foyer. Quand les banlieusards seraient fatigués de la télévision, du ping-pong
ou des autres activités, quelles qu'elles soient, qu'ils pratiquent dans leur
foyer, ils pourraient s'enchaîner les uns les autres, se jeter aux fers pour un
moment. Tout le monde adorerait ça. On entendrait les épouses: "Mon mari m'a
jetée aux fers, hier soir. C'était formidable. Le vôtre ne vous l'a jamais
fait?". Les enfants se hâteraient de rentrer de l'école à la maison car leur
mère les y attendrait pour les enchaîner. Cela permettrait aux enfants
d'enrichir leur imagination, ce que le télé leur interdit, et je ne doute pas
que la délinquance juvénile en serait considérablement diminuée. Quand le père
rentrerait à son tour, les autres membres de la famille pourraient se saisir de
lui et le jeter aux fers pour lui apprendre à être assez stupide pour travailler
toute une journée dans le but de subvenir aux besoins
du ménage. Les vieux parents ennuyeux pourraient être enchaînés dans le garage.
On leur libérerait les mains une fois par mois, pour leur permettre d'endosser
leur chèque de sécurité sociale ou leur retraite. Les fers et les chaînes
permettraient la construction d'une vie
plus belle pour tous". J. Kennedy
Toole, La conjuration des imbéciles
"Less fair :
La marque d'aimer fort
sur ses fers ?"
Well, Less fair
vendredi 11 janvier 2008
Voie
"Nous sommes les choses que nous possédons, nous sommes ce à quoi nous tenons. Il n'y a aucune noblesse
dans l'attachement. L'attachement à la culture, au savoir, n'est pas différent des autres formes de penchants agréables. L'attachement fait que le moi s'absorbe en lui-même, que ce soit aux niveaux les plus bas ou les plus élevés. L'attachement est l'illusion du moi, une tentative pour fuir le vide du moi. Les choses auxquelles nous sommes attachés -- biens, personnes, idées -- prennent une importance capitale, car privé de tout ce qui emplit son vide, le moi n'existe pas. La peur de ne pas être nous pousse à posséder ; et la peur engendre l'illusion, l'asservissement aux conclusions. Les conclusions, matérielles ou imaginaires, empêchent l'intelligence de parvenir à maturité, à cette liberté sans laquelle la réalité ne peut pas se faire jour ; et sans cette liberté, l'habileté est prise pour de l'intelligence. Les voies de l
'habileté sont toujours complexes et destructrices. C'est cette habileté, armure protectrice du moi, qui conduit à l'attachement ; et lorsque l'attachement cause de la souffrance, c'est cette même habileté qui recherche le détachement et jouit de l'orgueil et de la vanité de la renonciation. La compréhension des voies de l'habileté, les voies du moi, est le commencement de l'intelligence". J. Krishnamurti, Commentaires sur la vie Tome 1, Chapitre 45, La vie dans une ville
"Ne pas vouloir mourir est la voie la plus sûre vers la mort éternelle, tandis
que pouvoir mourir, dépouiller les voiles, abandonner éternellement le moi au
changement mène à l'immortalité".
Hermann
Hesse,Le loup des steppes
"Ceux qui n'ont pas pénétré assez loin dans le monde des plaisirs amoureux ne
peuvent juger les femmes que
d'après ce qu'ils voient.
Mais ceux qui les connaissent vraiment savent que l'œil ne révèle qu'une infime fraction de ce qu'une femme peut offrir".
Milan Kundera, La valse aux
adieux
"Voie, celle que jeu voit".
Well, Voie
mercredi 9 janvier 2008
Nuit
"A dix ans on n'est pas doué pour veiller. La nuit. Pourquoi
n'a-t-on jamais encore exprimé tout ce que la nuit
permet ? Permission,
démission, rémission, admission. La nuit, c'est la levée en masse des
interdits et des sanctions. C'est le silence complice, le contact, mais
aussi la transgression. Si les vols, les crimes, le jeu, les évasions,
la prostitution choisissent la nuit, ce n'est pas seulement parce que
la nuit est par essence le temps de l'anarchie'. Michel Tournier, Le
médianoche amoureux
"Sentir
la nuit
sans dire
sentiments
qu'elle nous sent
sueur et
sang
qu'elle nous fend
t'incendie
m'indécent
Blottir la
nuit
et lui dire
gentiment
qu'elle nous ment
amante halo
jusqu'à
l'aube
et lui dire
mentiment
qu'on ne peut
dénouement
plus vivre
sans..."
Well, Nuits
dimanche 6 janvier 2008
Bleu
"La tendance du bleu à l'approfondissement le rend précisément plus intense dans les tons les plus profonds et accentue son action intérieure. Le bleu profond attire l'homme vers l'infini, il éveille en lui le désir de pureté et une soif de surnaturel. C'est la couleur du ciel tel qu'il nous apparaît dès que nous entendons le mot "ciel".
Le bleu est la couleur typiquement céleste. Il apaise et calme en s'approfondissant". Wassily Kandinsky, Du spirituel dans l'art
"Si ce qui est bleu
raisonne l'envie,
Alors ce qui est Vie
résonnerait donc d'un simple dieu ?..."
Well, Bleus









