vendredi 4 janvier 2008
Conquête
"Et le Conquistador, bénissant sa folie
Vint planter son pennon d'une main affaiblie
Dans la terre éclatante où s'ouvrait son tombeau".
J.M. de Heredia, Les trophées
"Céder sa peau
pour mieux posséder"
Well, Conquérir
"C'est la veille de noël de l' année 1811, et, depuis dix heures du
soir, Napoléon travaille, seul, dans son cabinet, au palais des
tuileries. La vaste pièce est presque tout à fait obscure. çà et là,
dans l' ombre, luisent vaguement quelques objets dorés, le cadre d' un
tableau invisible, les deux têtes de lion ornant les bras d' un
fauteuil, un lourd gland de rideau. Sous leurs abat-jour de métal, les
bougies de cire des deux candélabres n' éclairent que la large table
encombrée d' atlas et d' épais registres reliés en maroquin vert et
timbrés de l' n et de la couronne. Voilà près de deux heures que le
maître travaille et que, sur les cartes géographiques et sur les états
de situation de ses armées, il penche son front formidable que
traverse une mèc
he noire, son front lourd de pensées, lourd comme le
monde dont il médite la conquête. L' atlas ouvert présente une carte d'
Asie ; et la main de l'empereur-nerveuse, féminine, charmante-cherche
lentement de l'index, là-bas, là-bas, à travers la Perse, une route
vers l'Hindoustan. Oui, les Indes ! Par la voie de terre ? Pourquoi
pas ? Puisque sa marine est vaincue et détruite, le conquérant n' a
plus que ce chemin pour aller, sous les palmes des forêts fabuleuses,
suivi de ses aigles dont l' or étincelle parmi l' acier des
baïonnettes, frapper l' Angleterre au coeur même, c' est-à-dire dans
son empire colonial, dans son trésor. Il a déjà la grandeur de César et
de Charlemagne, il veut encore celle d' Alexandre. Il fait ce rêve
sans s' en étonner. Il connaît déjà l'Orient ; il y a laissé, derrière
lui, une légende immortelle. Le Nil le vit, un jour, maigre général aux
longs cheveux, monté sur un dromadaire. Aux bords du Gange, pour le
pesant empereur en redingote grise, il faudra l' éléphant de Porus. Il
sait comment on entraîne les peuples et comment on les fanatise. Il
commandera, là-bas, à des soldats au visage de bronze, en turban de
blanches mousselines ; il verra, mêlés à son état-major, des rajahs
rut
ilants de pierreries ; et il interrogera sur sa destinée les
monstrueuses idoles érigeant leurs dix bras au-dessus de leur mitre de
diamants, puisque, naguère, en égypte, le sphynx de granit à la face
camuse, devant lequel il rêvait, les deux mains appuyées sur son sabre
courbe, ne lui a pas livré son secret." François Coppée, La bonne
souffrance
"Conquérir et s'aguerrir des cons"
Well, A capilo
Commentaires
2008 Année de l'insolite :
Qu'elle te soit chaude, hot, brûlante, passionnelle et inextinguible.
Meilleurs feux à toi
Quête
Mohamed : Pratique le copié-collé
J'avais écrit aussi en aparté
Conquête : Quéquette que beaucoup de cons quêtent
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