samedi 26 mai 2007
Dressage
Trop peu peloté(e)
Devient féroce, surtout
En état tigress' !
Well, Haïkus...
"Quinze jours après les juments, étaient dressées. Don
Segundo, homme de pratique et de patience, connaissait toutes les ressources du métier. Il passait la matinée dans le parc à manier ses bêtes : il les tapotait avec les couvertes pour les
rendre moins chatouilleuses, il leur donnait des claques sur la croupe et le coup pour qu'elles ne craignent plus ses mainsions pour les habituer au bruit des ciseaux, les enlaçait par le poitrai
l pour qu'elles ne se dérobent pas quand il s'approchait d'elles. Graduellement et sans brusquerie il avait tenu les engagements du dresseur, et nous le voyions ouvrir les barrières et conduire les troupeaux de bouvillons avec ses bêtes fraîchement dressées.
- Les juments sont toutes douces dit-il à la fin au patron.
- très bien, répondit Don Leandro. Suivez-les quelques jours car j'aurais du travail pour vous." Ricardo Güiraldes, Don Segundo Sombra
"Konomor reprit son évocation des tigres et de leur dressage. Il expliqua la technique du travail alterné "en pelotage" et en "férocité". Peloter un tigre signifie obtenir ce qu'on attend de lui à force de tendres caresses, de gentils gratouillis, de flatteries et de récompenses. Au spectacle aussi,
face au public, le dompteur peut afficher cette troublante intimité avec le fauve lorsqu'il le présente "en pelotage". Mais pour que les spectateurs ne finissent pas par croire que ces
fauves réputés meurtriers ne sont que des gros matous de compagnie, et aussi tout simplement parce qu'il arrive un moment où le tigre n'entend pas une autre langue, l'art du domptage et les
relations de l'homme à la bête se font "en férocité" : et alors aux marques de tendresse et d'amour succèdent, en contraste brutal, les cinglades de la cravache et les coups de bâton sur le nez. C'est alors que le tigre montre ce qu'il est, ce qu'il n'a cessé d'être, ce qu'aucun dressage ne lui enlèvera jamais :
l'animal le plus indomptable, le plus farouche, le plus haut placé dans la hiérarchie du féroce et dans l'aristocratie du sauvage, celui qui en un éclair, lance les lames acérées de sa patte et n'exprime plus, la gueule ouverte sur les
poignards de ses crocs, que son irréductible différence. Konomor fit observer que les relations humaines, et surtout celles, tumultueuses et extrêmes, de l'amour, unissent et séparent, opposent et rapprochent les êtres selon des modes identiques au "pelotage" et à la "férocité". Alain Fleischer, Les trapezistes et le rat
Commentaires
Dressage et mots muselés... ça m'interpelle tant mon enfance a été construite dans la notion du dressage plus que de l'éducation. Les humains sont-ils des tigres ? Bises Pénélope
Indomptables, avez-vous donc un bon dompteur ?
Konomor fit observer que les relations humaines, et surtout celles, tumultueuses et extrêmes, de l'amour, unissent et séparent, opposent et rapprochent les êtres selon des modes identiques au "pelotage" et à la "férocité" J'aime bien cette fin entre l'homme et l'animal . L'homme en état de nature ...
Au pied
Pénélope : Les humains sont aussi des fauves. Le fouet est parfois plus subtil, mais il demeure sous d'autres formes.
Estelle : J'aurai plutôt demandé = Indomptables, êtes-vous un bon dompteur ! ;-)
Bruno : Entre "Le pied" et "Au pied !". Les rapports Homme-Femme, sont parfois Fée rosse, mais aussi souvent Féroces !
A bientôt
Molitor
Yann Martel a écrit l'histoire de Pi. Ceux qui l'ont lue se souviennent du tigre...
3,14 sans cesse
Rev'formes : ça donne envie de poser les yeux dans les aventures de Molitor Patel. "Choisir le doute comme philosophie de vie c'est comme choisir l'immobilité comme mode de transport."
Yann Martel / Extrait de "L'histoire de Pi"
Merci pour l'idée de lecture. A bientôt
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